Table Ronde avec le Ministère de l'Ecologie (21/07/2006) 

Le ministère de l'Ecologie face aux pratiquants de la randonnée motorisée:



La journée d'ouverture du 23ème Salon International 4x4 et Loisirs de Val d'Isère a été marquée par un forum "animé mais courtois" entre le ministère de l'Ecologie et le monde du 4x4 autour des menaces que fait peser l'administration sur l'avenir de la randonnée motorisée en France. Une idée forte et un mot clé ont fait débat ; la notion de carrossabilité laissée à la discrétion, au cas par cas, des agents des administrations.

Samedi 22 juillet sur le podium de la place de l'Olympe, Raphaël Audhoui, commissaire général du Salon et Daniel Allignol, de l'AFPA (Association française de la presse de l'automobile) ont convié Daniel Barthélémy, directeur général de la FFM (Fédération française de motocyclisme), Charles Péot, porte-parole du CODEVER, et Christophe Delabre, président de la Fédération 4x4 à débattre du sujet avec la ministre de l'Ecologie et du Développement durable. Mme Nelly Olin avait délégué son conseiller technique M. Pascal Luciani, qui intervenait en téléconférence pour exposer et justifier la Circulaire Olin qui prévoit la mise en place des Plans départementaux d'itinéraires motorisés (PDIRM).

Cette nouvelle réglementation va bien au-delà de la loi de 1991 sur la circulation des véhicules terrestres dans les espaces naturels (dite "Loi Lalonde") et vise à limiter la pratique des randonnées motorisées (4x4, motos et quads) aux seuls chemins et itinéraires spécialement autorisés par les préfectures et les communes, département par département.

Cette disposition ne masque-t-elle pas la mise en place à terme d'une interdiction d'accès totale à. toutes les voies non bitumées comme c'est déjà le cas dans de nombreux pays européens ?

Pas du tout, selon le représentant du Ministère, qui souligne qu'il n'a rien coutre les véhicules motorisés mais que leur nombre grandissant impose de nouvelles dispositions. On devine d'ailleurs à ses propos que les quads, plus à même d'emprunter les sentiers étroits et interdits, sont tout particulièrement montrés du doigt. Mais, comme le rappelleront les intervenants au débat, c'est le gouvernement qui a autorisé leur homologation !

Pour le CODEVER, la mise en place des PDIRM n'a pas lieu d'être ! Et son porte-parole de souligner qu'aujourd'hui les pratiquants de loisirs motorisés, à l'exception de quelques brebis galeuses, sont responsables et contribuent plus à la survie des chemins qu'à leur destruction. Il rappelle également que le CODEVER fait respecter depuis longtemps un code de bonne conduite et que le tableau que veut dresser M. Pascal Luciani n'est pas aussi noir. Et, surtout, qu'une réglementation de plus en plus sévère procure aux adversaires les plus déterminés des loisirs motorisés un sentiment d'impunité qui les amène à mettre en place, en travers des chemins de véritables pièges (chaînes, barbelés...) qui ont déjà causé mort d'homme.

Les autres participants au forum, suivi par l'ensemble des professionnels présents sur le Salon et par deux cents de ses spectateurs, sont eux aussi sceptiques quant à l'utilité des PDIRM !

Ils font remarquer que leur mise en place est complexe, que les crédits nécessaires sont inexistants, que nul usager ne saurait se contenter de quelques parcours balisés sans intérêt et d'un nombre de kilomètres insuffisant. Avec la menace d'un effet pervers et paradoxal, une trop forte concentration de véhicules avec tous les dangers et les nuisances qu'elle induit.

Les participants ont également demandé des éclaircissements au représentant du Ministère sur une notion particulièrement floue de la Circulaire O1in "la carrossabilité". Suivie à la lettre, cette notion interdit à tout véhicule à moteur l'accès à une voie de circulation sur laquelle ne peut circuler une voiture de tourisme "normale". Dès lors, emprunter avec un 4x4 un chemin qui comporte une seule et unique ornière expose son conducteur à être verbalisé !

Prise à la lettre et laissée à l'appréciation des autorités "compétentes", cette notion de "carrossablilité" est source d'abus ! Abus que le représentant du CODEVER dénonce. Il rappelle le principe du Droit français ("Tout ce qui n'est pas interdit est autorisé") qui veut que les chemins, privés ou non, sont par défaut ouverts à la circulation publique, sauf interdiction expressément signalée. Et il fait remarquer que le Ministère inverse ce principe en voulant limiter cette circulation aux seuls chemins expressément autorisés par les différentes autorités locales (PDIRM).

L'affaire mérite donc encore de nombreuses concertations pour arriver à trouver des solutions satisfaisantes pour tous, des solutions qui permettront aux amateurs de randonnées motorisées de conserver cette liberté de circuler à laquelle ils tiennent tant.

Heureusement, comme l'a prouvé ce débat "animé mais courtois", le dialogue semble encore possible !

Il en va de l'avenir d'un loisir qui, bien au-delà des quelques nuisances dont on le rend trop souvent hâtivement responsable, amène ceux qui le pratiquent à partir à la découverte des richesses cachées de notre pays et à la rencontre, elle aussi toujours enrichissante, de ses habitants.

En conclusion, comme l'a bien dit Daniel Barthélémy, la nature ne doit pas devenir un sanctuaire et l'environnement doit être envisagé dans le cadre élargi du développement durable, en lui associant les notions d'économie et de social.

  


Un grand merci au Grouphe Audhoui et à Raphaël commissaire général du Salon de Val d'Isère et instigateur de cette table ronde avec Daniel Allignol de L'AFPA, qui en plus de débatre a retranscris tous le débat !
Pour en discuter dans le Forum

© 4X4RDV - www.4x4rdv.com