ESSAI : Nissan Navara 2.5 dCi - 171cv par André-Louis De Laet le 10/05/2007

Après les breaks, les monovolumes, les compacts, les franchisseurs de trottoirs, les SUV, voici que les VUL, entendez les véhicules utilitaires de luxe, font leur apparition. Le marché européen comptait environ vingt-cinq mille ventes annuelles en 2002. En 2004, ce ne sont pas moins de quarante-cinq mille pick-up qui se sont vendus en Europe. Le Nissan Navara, fort de son titre de « Véhicule utilitaire de l’Année » a même trouvé, en 2006, quarante-cinq mille acheteurs dans le Vieux Continent. Les qualités qui lui furent reconnues sont le prix, la finition, les équipements, l’innovation, les sécurités active et passive, l’ergonomie et le coup de cœur. Sur le bitume, il propose le mode 4x2 en propulsion. Sur les routes glissantes, enneigées, il se transforme en 4x4. Pour les terrains gadoueux ou difficiles, la boîte courte et le blocage de différentiel arrière feront la différence.

Quittant les chemins connus des pick-up professionnels destinés aux maçons, aux charpentiers, menuisiers, vétérinaires… le constructeur Nissan s’est aventuré dans la métamorphose de l’espace intérieur auquel il apporte un soin une habitabilité et un équipement inhabituel : GPS, commandes au volant, ordinateur de bord et autre régulateur de vitesse, conditionnement d’air séparé avant et arrière, points d’ancrage ISOFIX, pack MP3, sellerie de cuir… Juste de quoi attirer, comme il le faut, le grand public à la recherche de différence ! D’autant plus que Nissan a créé des toits amovibles de bennes de formes et de fonctions variées. De quoi satisfaire tous les acheteurs ! Le plus typique est celui incliné vers l’arrière qui permet de reconnaître immédiatement un Navara.

Assemblés en Espagne, près de Barcelone, le PathFinder et le Navara sont conçus tous les deux sur un châssis en échelle. Le pick-up opte pour la suspension indépendante à l’avant et pour l’essieu rigide et les ressorts à lames à l’arrière. Il est prêt à supporter de lourdes charges dans la benne. Le Navara peut tracter trois tonnes. Les capacités de franchissement sont excellentes. Il sera un acolyte efficace pour les propriétaires de chevaux par exemple… À garder cependant à l’esprit, c’est, quelles que soient les qualités d’un franchisseur, il aura toujours un centre de gravité plus élevé et des pneus rebondis. Ces deux caractéristiques sont des handicaps importants en matière de tenue de route. La prudence à bord à bord est donc de rigueur !

Les quatre cylindres du véhicule testé, cubant deux litres et demi, s’alimentent au diesel par injection directe à rampe commune de la seconde génération complété d’un turbocompresseur à géométrie variable. Couplé à une boîte manuelle à six rapports, ce moteur offre du couple à l’envi ! Deux arbres d’équilibrage éliminent les vibrations qu’il pourrait engendrer. Les gaz d’échappement recirculent par l’admission d’air tout en abaissant la concentration en oxygène. Les émissions d’oxydes d’azote sont ainsi réduites. En ce qui concerne la diminution des suies, le tourbillonnement des gaz d’alimentation dans les chambres des cylindres assure une combustion plus complète même à charge faible ou partielle. L’entretien du Navara se fait tous les trente mille kilomètres.

Dans le parcours que nous avons réalisé au volant du Navara, nous avons été surpris de constater que nous roulions systématiquement à des vitesses moindres que celles imposées par les limitations. Le gabarit du Navara, le plaisir de le conduire et sans doute le souci des autres usagers sont vraisemblablement les causes de cette attitude. La consommation de neuf litres deux aux cent kilomètres fut aussi une bonne nouvelle, tant pour la bourse de l’utilisateur que pour les rejets contenus dans l’atmosphère. Le bruit viril du moteur accompagne le trajet, suffisamment feutré pour ne pas être gênant. Le confort à bord est certain. Il s’agit juste encore d’adopter la vision pick-up de l’utilisation au quotidien. L’étendue du capot et l’espace pris par la benne demandent une approche différente pour garer l’engin. L’absence de malle est compensée par un coffre à ciel ouvert. Le regard, généralement admiratif, des gens que l’on croise devra en combler plus d’un !